Chute et prévention

Publié le 21 mai 2014

Quel constat ?

Une personne de plus de 65 ans sur trois fait une chute au cours de l’année, et ce chiffre monte à une sur deux pour les plus de 80 ans. Les chutes chez les personnes âgées entrainent très souvent la perte d’autonomie (dans 40% des cas nécessitant une hospitalisation) et sont la première cause de décès par accident des plus de 65 ans. Les chutes qui paraissent anodines ne le sont pourtant pas, elles doivent attirer l’attention sur les risques futurs qui se multiplient pas 20 après la première chute. En cause ? Bien souvent, les symptômes du vieillissement tels que des os et des muscles fragiles, ainsi qu’un manque de souplesse. Les conséquences sont donc plus lourdes à mesure que l’âge augmente. Les chutes ne sont cependant pas une fatalité et peuvent être évitées.

Comment réduire les risques ?

- Une bonne hygiène de vie : privilégier une alimentation saine et riche en calcium pour renforcer les os, les muscles et éviter le surpoids. Il est également primordial de pratiquer une activité physique (ne serait-ce que marcher) pour entretenir le coeur, la respiration et le tonus musculaire, ainsi que le sens de l’équilibre ;
- des contrôles de santé : consulter régulièrement son médecin traitant qui saura suivre l’évolution de l’état de santé du patient ;
- une vie sociale : maintenir des liens avec la personne âgée afin d’éviter qu’elle ne se retrouve isolée ;
- l’aménagement du domicile : les chutes surviennent le plus souvent à domicile, il faut donc adapter le mobilier et les rangements pour les rendre accessibles, installer des barres d’appui, faciliter les déplacements en bannissant les obstacles sur le passage (objets, tapis), choisir un revêtement de sol adapté et un bon éclairage.

Chute chez la personne âgée : les facteurs de risque

Publié le 21 mai 2014

Les chutes constituent l’accident le plus fréquent chez les personnes de 65 ans et plus, et sont l’un des motifs de consultation médicale ou d’hospitalisation les plus courants. Les conséquences peuvent être sérieuses, c’est pourquoi il faut en connaître les causes et les facteurs de risque afin de pouvoir les éviter au maximum.

Les causes

Les principales causes de chute sont dues à l’état de santé général de la personne. Ainsi, les troubles de la vision, de l’audition et de l’équilibre entrainent souvent des accidents. Des pieds et des jambes fragiles, ainsi qu’une faiblesse musculaire représentent un risque important, de même que la plupart des maladies liées au vieillissement : les troubles neurologiques (maladie de Parkinson, d’Alzheimer), l’arthrose (surtout des membres inférieurs et des hanches), les déformations du pied (hallux valgus par exemple) et les problèmes articulaires. La prise de médicaments perturbant la vision, la vigilance, provoquant de l’hypotension et la prise d’alcool augmentent également les risques de chutes. Des chaussures non adaptées peuvent aussi faire courir des dangers supplémentaires.

Les lieux à risque

Les chutes les plus fréquentes surviennent à domicile, principalement dans les lieux de vie où la personne passe beaucoup de temps comme la cuisine et le salon, la salle de bains qui est un endroit souvent petit et glissant, les couloirs qui sont étroits et parfois mal éclairés, les escaliers, toujours dangereux et le jardin, avec un sol plus irrégulier qu’à l’intérieur.

C’est pourquoi il est important de bien aménager le domicile d’une personne âgée avec du mobilier, des équipements ménagers et un éclairage adaptés, ainsi que des déplacements facilités par un revêtement de sol adéquat et des pièces peu encombrées. On limite ainsi le risque d’accidents ménagers et on permet aux personnes âgées de pouvoir profiter de leur habitation en toute quiétude et le plus longtemps possible.

Les chutes des personnes âgées : quelles séquelles?

Publié le 21 mai 2014

Des campagnes préventives ont été mises en place par les autorités sanitaires afin de limiter les risques de chute, qui causent chaque année entre 4000 et 4500 décès. Si l'accident est fatal dans environ 10% des cas après 80 ans, de nombreuses séquelles physiques et psychologiques peuvent surgir suite au traumatisme.

Les chutes peuvent entraîner de lourdes séquelles d'ordre psychologique et social

Il est important de ne pas minimiser les séquelles psychologiques et sociales d'une chute chez les personnes âgées, même si celle-ci n'a entraîné aucune plaie physique. Ce traumatisme psychologique mène souvent à un placement de la personne en structure d'accueil adaptée.

  • Les séquelles psychologiques

Lorsque la personne chute et constate qu'elle est incapable de se remettre debout sans aide, cela peut provoquer une grande angoisse. La personne âgée se met alors à douter de ses aptitudes et cette situation peut entraîner des pensées dépressives et de la démotivation. Dans certains cas, on peut remarquer l'apparition d'un syndrôme post-chute : la personne âgée anxieuse va réduire ses sorties et déplacements, et peu à peu, cela se traduira par des problèmes de posture et entraînera une réduction de la motricité.

  • Les séquelles sociales

Souvent, en cas de chute, il faut faire face à un problème de confiance chez la personne âgée. En effet, les chutes peuvent amener la personne à douter d'elle-même, provoquant une certaine angoisse et appréhension des prochaines sorties. Peu à peu, la personne va se replier sur elle-même, réduire ses échanges avec son entourage et devenir plus dépendante de ses proches. De plus, un cercle vicieux peut s'enclencher car lorsque la personne est isolée, les chutes sont plus fréquentes.

La chute provoque des traumatismes

Chez les personnes âgées, un tel accident provoque une fracture dans un cas sur douze. Une fois sur trois, cette fracture atteindra le col du fémur.

Souvent, après la chute, la personne âgée peut avoir tendance à percevoir la douleur différemment et ainsi avoir une idée biaisée de l'importance des séquelles de sa chute. Cette situation peut se produire notamment si la personne décide de ne pas consulter immédiatement un médecin.     

La personne âgée tombe et ne se relève pas avant un certain temps : les séquelles physiques

Rester immobilisé au sol après une chute entraîne de lourdes séquelles d'ordre physique et psychologique, plus particulièrement pour les personnes âgées de plus de 80 ans.

  • La déshydratation

La personne âgée va rapidement se retrouver déshydratée si elle ne peut se relever et si les secours tardent à arriver. Cette situation peut entraîner par la suite un dysfonctionnement des reins et du coeur.

  • L'hypothermie

On peut constater une diminution de la température corporelle si la personne âgée tombe dans un endroit sans chauffage ou sur un sol carrelé. L'hypothermie survient lorsque la température tombe en dessous de 35°C.

  • La phlébite

La phlébite se manifeste lorsqu'il y a une mauvaise circulation du sang dans les veines. Lorsque la veine est bouchée par un caillot de sang, on parle de phlébite. Elle peut survenir par exemple si la personne âgée reste longtemps sans pouvoir bouger dans une position qui empêche la bonne circulation du sang et s'aggrave s'il s'agit des veines des jambes : on parle d'embolie pulmonaire, qui très vite, peut s'avérer fatale.

  • La rhabdomyolyse

Cette situation peut entraîner des séquelles importantes et occasionner des dysfonctionnements des reins et du coeur. Les muscles de la personne âgée immobilisée au sol vont être écrasés par son propre poids provoquant une gêne pour l'apport d'oxygène dans les fibres musculaires.

  • Les escarres

L'escarre, blessure qui se guérit difficilement, est une lésion cutanée provoquée par un manque d'oxygène prolongé de l'épiderme. En effet, après une chute, l'afflux sanguin se retrouve fortement diminué si la personne âgée est immobilisée sur un sol dur et que son poids fait pression sur sa peau.

  • L'arrêt d'un traitement

Certaines personnes âgées doivent suivre des traitements réguliers et prendre à heures fixes des médicaments. Lorsque la personne âgée n'est pas secourue rapidement après sa chute et qu'elle reste immobilisée, elle ne pourra pas suivre son traitement et cela peut entraîner de lourdes séquelles, notamment dans le cadre des traitements cardiaques ou rénaux.

La chute chez les seniors : comment réagir ?

Publié le 21 mai 2014

Même si pour un cas sur trois, les conséquences des chutes restent superficielles, les séquelles psychologiques resteront bien présentes. Les personnes âgées sont particulièrement exposées à ce type d'accident. 150 000 chutes nécessitent une intervention des services d'urgence, notamment pour les personnes âgées de plus de 80 ans.

En cas de chute, comment faut-il réagir? Dans quels cas faut-il consulter un médecin? Comment faire pour se relever sans aide ?

La prévention pour éviter les chutes

Afin de diminuer les risques de chute, il est important de faire un bilan sur votre environnement et vos capacités et d'anticiper afin d'éviter un accident. Pensez notamment à faire aménager votre domicile (plus particulièrement les pièces dangereuses : cuisine, salle de bains, WC) et à faire le point sur vos aptitudes ou sur votre éventuel besoin d'avoir recours à l'aide d'un proche ou d'une assistante de vie pour certaines tâches de la vie courante.

Juste après la chute

La chute brutale engendre une panique immédiate. Il est important de ne pas y céder et de garder son calme pour pouvoir analyser correctement la situation.

Pourquoi êtes-vous tombé ? Voici la première question qu'il faudra vous poser afin d'écarter les risques d'une nouvelle chute similaire en vous relevant.

Pouvez-vous vous relever et tenir debout? Juste après la chute, pensez à vérifier si vous sentez bien vos jambes et vos pieds, si vous n'avez pas de vertiges, si vous n'avez pas de douleur particulière à un endroit...

Par chance, votre téléphone est peut-être sur vous et vous permettra de joindre rapidement des secours. Si vous doutez de votre aptitude à marcher, essayez d'appelez à l'aide ou de ramper jusqu'au téléphone. Si vous êtes en appartement, essayez de ramper jusqu'à votre porte d'entrée pour demander de l'aide sur le palier.

Chez les seniors : comment se relever?

Les étapes suivantes peuvent être intéressantes à essayer en présence de votre entourage afin d'anticiper une éventuelle chute et de connaître les réflexes à adopter en cas d'urgence.

Si vous pensez pouvoir vous relever sans aide, procédez ainsi :

.Mettez vous en position allongée sur le dos. Utilisez votre bras pour vous aider à basculer sur un côté. En basculant sur le ventre, repliez la jambe du dessus.

.Allongé sur le ventre, utilisez vos coudes, puis votre genou plié, puis vos mains pour vous relever peu à peu

.Lorsque vous vous retrouvez à quatre pattes, marchez jusqu'à un fauteuil ou un siège stable. En vous aidant de ce meuble, relevez-vous doucement et installez-vous sur le siège ou le fauteuil le temps que vos idées se remettent en place.

Demander un avis médical : dans quels cas ?

Dans tous les cas, suite à une chute, il est nécessaire de consulter votre médecin traitant même si la chute n'a provoqué aucune blessure.

Dans certains cas, il est indispensable de recourir à une consultation d'urgence : si vous saignez (même faiblement), si votre tête a touché le sol ou un meuble lors de la chute, si vous avez des vertiges, nausées et/ou si vous vomissez, si vous ressentez une douleur ou si vous êtes resté allongé par terre plus d'une heure.

Lors de votre consultation, n'hésitez pas à faire part au médecin de vos doutes ou de votre angoisse. Il est important d'en parler et ne pas se replier sur soi-même. La chute peut provoquer des traumatismes psychologiques chez les seniors qui se traduisent par des états dépressifs. N'ayez pas peur d'aborder le sujet avec votre médecin ou vos proches.