La maladie d’Alzheimer en quelques points

Publié le 27 oct 2014

Découverte en 1906 par Aloïs Alzheimer, cette forme particulière de dégénérescence neuronale est souvent associée à des troubles de mémoires plus ou moins importants, qui peuvent parfois entrainer une grande perte d’autonomie chez le patient concerné. Une personne atteinte par la maladie pourra ainsi éprouver des difficultés à reconnaître ses proches ou encore des lieux lui étant d’ordinaire familiers, ainsi qu’à effectuer des tâches d’ordinaires insignifiantes, comme enfiler ses vêtements ou encore préparer le repas.

L’inquiétude souvent ressentie par l’entourage du malade se double par ailleurs parfois d’une incompréhension certaine des enjeux physiologiques de la maladie. Difficultés de perception et d’orientation dans l’espace, de raisonnement ou de calcul mental, oublis fréquents…. quelles dégénérescences la maladie d’Alzheimer entraine-t-elle en fait concrètement ?  

Alzheimer : un trouble neuro-dégénératif

La particularité de la maladie d’Alzheimer, trouble dit « neuro-dégénératif », réside dans sa capacité à entrainer des lésions de deux types distincts au sein du système nerveux central. 

D’une part, le développement de la maladie est responsable de l’apparition d’anomalies dites neurofibrillaires au cœur des neurones.

Ces derniers touchent tout particulièrement la protéine Tau, au cœur des cellules cérébrales.

D’autre part, on observe également des groupements et dépôts d’une autre protéine Béta amyloïde, cette fois en dehors des neurones. Au niveau physique, ces deux mutations sont donc  responsables de la majeure partie des symptômes de la maladie. 

Au fur et à mesure de la progression de ces différentes types d’anomalies, les zones touchées par les lésions se multiplient, finissant inexorablement par toucher des parties importantes du cortex. L’une des premières zones habituellement touchée est ainsi la région de l’hippocampe, siège de la mémoire.  

Des neurones particulièrement importants pour la mémorisation et le raisonnement disparaissent alors suite à leur détérioration, entrainant avec eux des difficultés à parler, penser, se souvenir…

Il est parfois difficile de différencier les premiers signes de la maladie des conséquences habituelles du vieillissement.

Toutefois, il est important de se montrer vigilant dès lors que les troubles cognitifs commencent à altérer l’autonomie de la personne âgée. 

Comment diagnostiquer Alzheimer ?

Publié le 27 oct 2014

La maladie d’Alzheimer est aujourd’hui dépistable de plus en plus tôt dans son évolution, et de plus en plus finement. Bien que des traitements ne soient encore par aujourd’hui pleinement développés, il est certain que la compréhension du patient par son entourage ne peut s’avérer que bénéfique lors d’une prise en charge rapide des troubles. Pour ce faire, divers tests et solutions existent.

Dépistage d’alzheimer : plusieurs alternatives possibles

Il est certain qu’un diagnostic anticipé de la maladie d’Alzheimer peut grandement faciliter les conditions de vie du patient, bien qu’il reste aujourd’hui encore souvent pratiqué tardivement dans l’évolution de la maladie. 

Toutefois, malgré l’importance certaine d’une grande vigilance, il convient de garder à l’esprit que, bien que la plupart des tests présentent un taux de certitude de près de 90%, certains patients présentant par exemple un MCI (Mild Cognitive Impairment) marquant potentiellement un stade très précoce de la maladie, n’évolueront pas forcément plus tard vers une forme plus aboutie des troubles. Dans ce cas, un suivi régulier du patient sera alors à privilégier afin de lui permettre de vivre le plus confortablement possible. 

Tests biologiques et biomarqueurs

Si des tests et prélèvements biologiques sont parfois utilisés dans le but de dépister la maladie d’Alzheimer, il s’agit en fait le plus souvent de l’écarter des diagnostics. En effet, l’ensemble des symptômes manifestés par les patients peut également être dû à d’autres maladies plus bénignes (pathologies démentielles curables, diabète, troubles thyroïdiques), ou encore à des carences (Vitamine B12). Les chercheurs travaillent toutefois actuellement sur de nouvelles pistes de diagnostics basés sur des facteurs biologiques.

Ainsi, la dégénérescence neuronale provoquée par la maladie d’Alzheimer est entrainée d’une part par la multiplication des protéines Tau totales au sein des cellules neuronales et d’autre part, par la multiplication des protéines Tau hyperphosphorylées à l’extérieur de ces cellules, particulièrement dans le liquide céphalo-rachidien.  Les chercheurs estiment donc depuis peu intéressant d’effectuer des prélèvements biologiques dans ces zones afin de constater l’apparition ou évolution des troubles physiologiques liés à la maladie.  

Ces tests, actuellement toujours en cours de développement, pourraient donc permettre à l’avenir de déceler Alzheimer avant même l’apparition de symptômes lourds, comme des pertes importantes de mémoire ou encore des troubles de la concentration ou de la représentation de l’espace.  En attendant, les médecins ont pour le moment recours à d’autres tests plus particulièrement basés sur les manifestations de la maladie. 

Tests neuropsychologiques

Le test le plus répandu actuellement lorsqu’il s’agit de dépister les malades atteints de d’Alzheimer se nomme le MMSE (Mini Mental State Examination). Effectué lors d’une consultation chez le médecin, il consiste en une série de petits tests, dont la performance du patient est basé sur une échelle allant de 0 à 30 points.  Il se concentre sur les symptômes typiques de la maladie présents chez la plupart des patients : troubles de la mémoire, organisation mentale, facultés de raisonnement ou encore d’orientation…

Parmi ces tests, on peut ainsi citer le BREF : Batterie Rapide d’Evaluation Frontale, le test des cinq mots de Dubois, particulièrement axé sur la mémorisation, ou encore le test de l’horloge. Un score au MMSE compris entre 10 et 26 indiquera alors un Alzheimer présent mais encore peu développé, tandis qu’un score compris entre 19 et 3 marquera la présence d’un trouble modéré à sévère. 

Par ailleurs, les tests neuro-psychométriques permettent aux médecins d’évaluer les différents champs d’application de la mémoire chez le patient susceptible d’être atteint de la maladie d’Alzheimer. Le test dit de Grober et Buschke fait ainsi référence dans ce domaine, puisqu’il il s’intéresse en particulier à la mémorisation de faits récents. Il est le plus souvent accompagné du test de langage DO80, du test de la Figure de Rey, du TMTAB, mais aussi de la réalisation d’un IRM permettant de mettre en visibilité d’éventuelles lésions cérébrales ou séquelles d’accidents vasculaires, par exemple dans la zone de l’Hippocampe.  

Ces tests ont l’avantage de rendre un diagnostic très solide, et peuvent être reconduits 6 à 9 mois plus tard pour encore davantage de certitude. Toutefois, s’il est certain que de plus en plus de tests se développent au quotidien permettant de déceler rapidement les signes précurseurs de l’apparition de troubles liés à Alzheimer, l’avancée des traitements médicamenteux reste moins rapide. 

Alzheimer : les signes qui doivent vous alerter

Publié le 27 oct 2014

L’un de vos proches présente-t-il régulièrement, et depuis peu, des troubles de mémoire récurrents ou des sautes d’humeur ? Semble-t-il éprouver des difficultés nouvelles à se mouvoir et à se représenter l’espace, ou encore des difficultés à s’exprimer ? Bien qu’il soit tout à fait possible que certains de ces troubles résultent de maladies bénignes et tout à fait curables, il se pourrait également qu’il s’agisse des premiers signes de la maladie d’Alzheimer. C’est pourquoi il est important pour les proches d’une personne âgée de rester vigilants vis à vis de plusieurs symptômes particulièrement frappants de la maladie.

Pertes de mémoire

Le signe le plus unanimement évoqué en cas d’apparition de la maladie d’Alzheimer chez une personne concerne bien évidemment les troubles de mémoire. Difficultés à reconnaître les membres de son entourage, oublis fréquents de rendez-vous, besoin de faire répéter les choses plus que la normale, ou encore égare régulièrement des objets…Si une personne de votre entourage paraît depuis peu se heurter à de plus en plus d’oublis de manière récurrente, ou range par exemple ses clés au mauvais endroit (dans le réfrigérateur, sous son oreiller…), il pourrait s’agir des premiers signes de la maladie.

Désorientation spatiale et temporelle

Il est tout à fait normal, parfois, de ne plus se souvenir de la date du jour, du titre d’un roman, ou encore de ce que l’on venait chercher dans une pièce. Il est néanmoins très différent de se tromper d’année, de saison, ou encore de n’avoir aucune idée de l’endroit où l’on se trouve. 

Si l’un de vos aînés se perd de manière récurrente au sein d’environnements lui étant ordinairement familiers (son quartier, son appartement…), ou éprouve le besoin de faire répéter les choses plus de fois que la normale sans en avoir aucun souvenir, n’hésitez pas à aller consulter votre médecin généraliste en lui précisant bien ces faits.

Difficultés de raisonnement

Une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer n’est pas toujours consciente de la gravité des symptômes qu’elle présente, du fait même de la progression de la maladie et des difficultés de concentration qu’elle peut par exemple engendrer.

Le malade aura donc souvent tendance à minimiser ses symptômes et leurs conséquences. Il pourra également aller jusqu’à refuser de se rendre chez le médecin, ou encore se montrer quelque peu têtu.

C’est précisément en cela qu’il est important l’entourage du patient atteint d’Alzheimer de se montrer à l’écoute de certaines difficultés qu’il pourrait désormais rencontrer au quotidien. Il sera indubitablement plus difficile pour lui de prendre des décisions rationnelles de manière autonome, ainsi que de réfléchir à des notions abstraites (calcul mental, tenue des comptes…). 

Troubles du langage

Votre proche semble-t-il souvent chercher ses mots ? Bute-t-il sur certaines formulations particulières, ou se mure-t-il au contraire dans le silence du fait de ses difficultés récentes d’expression ? La maladie d’Alzheimer peut engendrer des difficultés de communication entre votre proche et son entourage : il mélangera alors ses mots, en substituera très régulièrement d’autres, ou ne terminera par exemple  pas ses phrases. Il sera alors nécessaire de se montrer patient et à l’écoute, afin de tenter de maintenir une bonne compréhension de ses dires au quotidien, mais également de son ressenti face à la maladie.

Difficultés au quotidien

Votre proche éprouve depuis plusieurs semaines des difficultés à accomplir des tâches auparavant ordinaires (boutonner sa chemise, écrire, éplucher des légumes, utiliser une télécommande…) ? Les actes minutieux et répétitifs peuvent s’avérer plus difficiles pour une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer qu’un individu sain. En cas de co-existence de ce symptôme très représentatif avec d’autres signes de cette liste, n’hésitez pas à aller consulter un médecin afin de confirmer ou non le diagnostic de ce trouble neuro-dégénératif.

Troubles de l’humeur

Enfin, l’un des symptômes de la maladie d’Alzheimer peut parfois prendre la forme de sautes d’humer chroniques et irrépressibles. Si votre proche passe du rire aux larmes sans raison apparente, il pourrait bien s’agir d’un dysfonctionnement neuronal lié à l’avancée de la maladie, de même qu’un changement drastique de personnalité. L’apathie, le manque d’enthousiasme et un désintérêt soudain pour des activités qui apparaissaient autrefois stimulantes valent également la peine d’être prises au sérieux par l’entourage comme de potentiels signaux d’alerte. 

Traiter la maladie d’Alzheimer

Publié le 21 nov 2014

Environ 900 000 personnes sont atteintes d’Alzheimer en France. La maladie continue de progresser et touche de plus en plus de personnes âgées ou non. Cette affection neuro-dégénérative a pour conséquences d’entrainer une démence sénile accompagnée de troubles cognitifs et comportementaux. Il n’existe pas de traitement curatif, les traitements agissent seulement sur les symptômes de la maladie. Seul un patient sur trois en France est traité pour cette maladie. Le premier traitement est apparu récemment, en 1994. Actuellement, 4 médicaments sont prescrits, tous jugés d’efficacité « faible » ou « non  importante ».

Les anticholinestérasiques

Trois des quatre traitements contre la maladie d’Alzheimer font partie de la famille des anticholinestérasiques. Ils empêchent la dégradation de l’acétylcholine (qui démarre avec les lésions neuronales), la molécule qui permet aux neurones de communiquer. Ces médicaments peuvent améliorer le comportement des malades et leur autonomie, mais pas la mémoire. Aricept, Reminyl et Exelon sont prescrits pour les stades légers à modérément sévères de la maladie.

Les antiglutamates

Apparu en 2002, Ebixa est le seul médicament contre la maladie d’Alzheimer faisant partie de la famille des antiglutamates. Il bloque l’excitation toxique du système nerveux. Les fonctions cognitives sont conservées plus longtemps voire améliorées. On constate aussi une amélioration des troubles du comportement. 

Ces traitements sont prescrits par les neurologues, les psychiatres et les gériatres et pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Les anticholinestérasiques et les antiglutamates ne sont pas prescrits ensemble.

Les autres traitements

D’autres traitements et approches thérapeutiques sont employés contre la maladie d’Alzheimer. Les malades peuvent bénéficier de traitements comportementaux  comme par exemple les antidépresseurs, prescrits à 40% des patients. Ces traitements ne ralentissent pas la maladie, n’en traitent pas les causes mais les symptômes et améliorent la qualité de vie des malades. Outre les traitements médicamenteux, l’importance de l’entourage est primordiale. Des thérapies basées sur la rééducation et la réhabilitation cognitive peuvent aussi améliorer les conditions de vie des patients.

 

La vie quotidienne avec une personne atteinte d’Alzheimer

Publié le 21 nov 2014

La maladie d’Alzheimer est un trouble extrêmement perturbant aussi bien pour le malade que pour son entourage. La vie quotidienne s’en trouve bouleversée quand la mémoire s’en va, jusqu’à oublier les gestes du quotidien et sa propre identité. L’autonomie s’en trouve fortement réduite, il est donc nécessaire d’adapter le quotidien et le domicile pour faciliter la vie des malades.

Aménager le domicile des personnes atteintes d’Alzheimer

Au domicile des malades, il faut éviter tout ce qui pourrait être source de chute ou de danger. Les chutes sont un accident très fréquent chez les personnes âgées et celles atteintes d’Alzheimer. On adapte le mobilier, on rend les rangements accessibles et organisés grâce à des étiquettes par exemple, on installe des barres d’appui, on enlève les objets qui encombrent le passage comme les câbles électriques, les tapis, etc. On condamne l’accès au balcon, lieu dangereux pour les malades. On retire les produits toxiques ou on les rend inaccessibles.

Les repas des malades atteints d’Alzheimer

Les repas sont à surveiller, en effet beaucoup de malades perdent du poids assez rapidement. On les aide à ne pas oublier l’heure du repas, à utiliser les ustensiles (fourchette, cuillère) s’ils ont oublié jusqu’à leur usage. On prend aussi garde à ce que le malade boive suffisamment d’eau. On essaie de prendre les repas ensemble, avec la famille de façon régulière si possible (week-end par exemple).

L’intimité des malades d’Alzheimer

Il est essentiel de préserver leur intimité et leur pudeur. On doit laisser autant que possible les malades avoir une certaine autonomie dans leur toilette quotidienne. Si on doit les aider, on fait en sorte qu’ils participent le plus possible et on le fait avec leur consentement. Ce doit être un moment de partage, de complicité, où l’on prend soin du malade avec des produits doux et agréables pour sa peau. De même pour les besoins, on laisse autant que possible de l’intimité aux toilettes, on intervient en cas de besoin mais toujours avec respect. On peut, si on ne peut assumer ces tâches, faire appel à un aide-soignant ou un auxiliaire de vie, avec l’accord du malade.

Les activités pour les malades d’Alzheimer

Le malade a besoin de se sentir utile. On lui propose des activités comme il avait l’habitude d’en faire avant : cuisiner (en surveillant), venir faire les courses, se promener pour prendre l’air et se dépenser afin de garder une certaine forme physique et faciliter le sommeil. On reste en contact avec la famille en invitant par exemple les petits-enfants au goûter ou au repas. L’échange et la complicité sont très importants pour le moral des malades.